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Quelle routine saine et minimaliste pour mes cheveux?

Contrairement à la peau, le cheveu (partie au-dessus du cuir chevelu) est une matière morte, qui n’a pas la capacité de se réguler, lorsqu’une partie de sa structure est abîmée ou affaiblie, il ne peut ni « cicatriser », ni être « réparé », on ne peut que le protéger et le conditionner régulièrement avec les éléments qui font sa force, son élasticité et sa brillance, en fonction de sa nature et de son état. Les cheveux sont fragilisés / agressés au quotidien (frottements, lissage/ boucles à la chaleur, coloration, produits capillaires agressifs ou inadaptés etc…) et certaines natures comme les cheveux bouclés ou frisés et/ou à porosité* élevée ou pas assez poreux, possèdent des caractéristiques qui les rendent plus exposées à cette fragilisation (tendance des cuticules à être trop ouvertes ou trop fermées entraînant une déshydratation, circulation du sébum compliquée, etc…). Un cheveu sera toujours dans un meilleur état près de la racine que vers les pointes usées au cours du temps. Si le cheveu est très abîmé le mieux reste de le couper, un cheveu fourchu peut être vu comme un ongle cassé, si on ne le coupe pas la fente deviendra plus grande !

Quelle que soit votre nature de cheveu et la tendance de votre cuir chevelu, votre défi est le même : 1/garder un cuir chevelu propre et sain 2/permettre à l’eau de pénétrer le cheveu (hydratation) et surtout à y rester 3/préserver et renforcer la kératine qui définit la solidité du cheveu. Si pour certain(e)s les trois se font sans aucun effort particulier, cela peut être plus laborieux pour d’autres qui, malgré des routines capillaires (inadaptées la plupart du temps), constatent des cheveux cassants, secs et rêches. Mais rassurez-vous ! Il suffit d’avoir les bons réflexes et pour cela il vous faut absolument comprendre la composition et le fonctionnement de vos cheveux, vous verrez que vous n’aurez besoin que de très peu produits pour prendre parfaitement soin de votre chevelure, et surtout vous y verrez plus clair dans le marketing des produits et des routines qu’on vous propose de façon à démêler l’utile de l’inutile et du nocif.

Le cuir chevelu et le shampoing

Le cuir chevelu, en sa qualité de peau, a besoin d’être nettoyé régulièrement, le shampoing est donc important, mais pas quotidiennement, car le shampoing même le plus doux va « décaper » le cheveu en raison de la présence de tensioactifs. Si vous devez vous laver les cheveux tous les jours, essayez de remplacer le shampooing par un après-shampoing ou de l’eau simplement suivie d’une solution de rinçage (eau + vinaigre) pour abaisser le PH, cela vous aidera à espacer les shampooings de quelques jours. Vous remarquerez d’ailleurs que votre cuir chevelu regraissera moins vite au fur et à mesure que vous arriverez à espacer les shampooings, le cuir chevelu se sent moins agressé et ne surproduit plus de sébum en réponse ! Il ne faut pas se décourager au début car oui il faudra en passer par les cheveux gras le temps d’une demi-journée ou d’une journée, vous pouvez faire ça progressivement en espaçant d’une demi-journée supplémentaire jusqu’à arriver aux 3 jours voire plus pour celles et ceux qui y arrivent ! Le shampooing s’applique sur le cuir chevelu et doit y être adapté (par exemple avec des actifs qui absorbent l’excès de sébum comme l’argile pour les cuirs chevelus à tendance grasse), on le choisira doux, sans sulfates (notamment SLS et SLES) trop agressifs, et sans silicones, en résumé le plus clean possible, il aura probablement une mousse limitée qui, contrairement à l’idée qu’on peut s’en faire, n’indique pas la qualité du nettoyage. Une mousse abondante au contraire indique souvent la présence de tensioactifs agressifs ou en trop grande concentration. De temps en temps, pour débarrasser le cheveux de tout ce qui s’y accroche on peut faire un shampoing dit « clarifiant » avec un shampoing solide naturel par exemple, qui sera plus décapant et alcalinisant, il est très important dans ce cas de poursuivre avec un soin après-shampoing.

La kératine, le soin protéiné et l’hydratation

Le cheveu est composé essentiellement de protéines appelées kératine. Associée à l’eau, la kératine détermine la solidité du cheveu et son élasticité (sa capacité à reprendre sa forme initiale après une déformation). C’est pour cette raison que les soins à base de protéines et l’hydratation sont très importants. La kératine a une forme en hélice avec des ponts d’hydrogène et de disulfure notamment. Les liaisons d’hydrogène sont très fragiles mais se reforment facilement (après une manipulation au lisseur/ boucleur sous l’effet de la chaleur, ils reprennent leur forme naturelle dès qu’ils ont été de nouveau mouillés). En revanche les liens de disulfures sont plus difficiles à rompre (ils donnent aux cheveux leur forme lisse, bouclée etc…) mais peuvent être rompus par les produits défrisants par exemple, suite à quoi d’autres liens se formeront pour donner un nouvel aspect aux cheveux. Evidemment ce type de traitement faisant intervenir un oxydant, tout comme la coloration/ décoloration fragilise terriblement le cheveu car il dégrade sa structure interne et externe. Les cheveux à porosité élevée* / cuticules endommagées apprécient tout particulièrement les soins protéinés. Un soin aux protéines contient une concentration plus ou moins élevée de protéines hydrolysées (c’est-à-dire fractionnées pour atteindre une masse moléculaire capable de pénétrer la fibre capillaire). Une concentration de protéines à partir de 5% et un temps de pose même de quelques minutes montreront des effets. La plupart du temps votre soin aura un aspect crémeux, ce qui veut dire qu’il contient également de l’eau et du gras, ce qui est parfait pour un soin express qui va jouer sur tous les fronts (hydrater, renforcer, démêler, conditionner, protéger). On applique le soin protéiné après son shampooing et non pas avant pour la synergie avec l’hydratation (l’eau) et pour la pénétration (qui sera favorisée par les cuticules plus ou moins ouvertes et l’absence de dépôts sur les cheveux), à bonne distance des cuirs chevelus à tendance grasse. Pour ce qui est de la fréquence ce sont vos cheveux qui décident, l’idée étant qu’il ne faut pas attendre qu’ils soient tous secs, qu'ils fourchent ou qu’ils cassent.

Les cuticules, le PH et le scellage de l’hydratation

La structure externe du cheveux, représentée par les cuticules, est tout aussi importante et ne doit surtout pas être négligée ! Les cuticules froment des écailles qui s’ouvrent et qui se referment en fonction du PH et de la température notamment, leur rôle est de protéger la structure interne du cheveux (moelle + cortex). La chaleur ouvre les cuticules et n’est évidemment bénéfique qu’à un certain degré pour laisser entrer l’eau et les soins, les produits alcalins (PH>7) ouvrent également les cuticules et peuvent sérieusement endommager le cheveux si le PH est très élevé, à l’image des produits de coloration ou de lissage qui ont un PH autour de 12 et qui pénètrent jusqu’au cortex (à titre de comparaison l’ammoniaque est à 11 et le déboucheur WC à 14). Il est très important donc, lorsque les cuticules ont été plus ou moins ouvertes, lors du lavage ou d’un traitement capillaire agressif/ alcalin, d’abaisser le PH pour les refermer, soit  avec une solution de rinçage ou directement avec un soin après-shampooing qui aura normalement un PH proche de celui du sébum (entre 4.5 et 5.5), c’est bien à ce niveau de PH que le point isoélectrique est atteint et que les cuticules se referment pour donner aux cheveux un aspect doux et brillant, au-dessus de ces niveaux, le cheveu se charge négativement, les cuticules resteront plus ou moins hérissées ce qui donnera aux cheveux un aspect rêche et sec, la structure interne du cheveux se retrouve exposée, l’eau s’échappe et le cheveu se déshydrate. L’intérêt majeur de fermer les cuticules est de pouvoir conserver l’hydratation à l’intérieur du cheveu. Le scellage de l’hydratation sera donc utile uniquement après hydratation et rééquilibrage du PH, et peut se faire avec une huile végétale riche en omégas 6 précurseurs de céramides (lipides naturellement présents entre les cuticules qui poussent les molécules d’eau vers l’intérieur du cheveu et aident les cuticules à rester consolidées). Plus la porosité* est élevée plus le cheveu apprécie le scellage, et inversement.

*Le niveau de porosité du cheveu reflète sa capacité à absorber et à retenir l’hydratation, c’est lié à l’état des cuticules, plus elles sont ouvertes ou endommagées plus le cheveu est poreux (absorbe tout rapidement et le relâche rapidement). On peut faire un test simple : on prend quelques cheveux lavés et séchés à l’air libre, et on les mets dans un verre d’eau, la porosité sera faible s’ils flottent, moyenne s’ils sont au milieu et élevée s’ils sont au fond du verre. Les cheveux à porosité élevée ont tendance à se déshydrater très rapidement, leur structure interne est exposée et affaiblie, ils sont très fragiles, cassants et manquent d’élasticité, leur aspect est rêche et sec. Les cheveux à faible porosité ont du mal à laisser entrer l’hydratation et peuvent par conséquent présenter aussi une ou plusieurs de ces caractéristiques.

On évite les excès et la multiplication des produits

Trop d’huile par exemple va empêcher l’eau et les soins protéinés de pénétrer, le cheveu devient déshydraté et risque de casser, vous l’avez peut-être déjà remarqué, mettre et remettre de l’huile n’est pas une solution quand vous sentez que vos cheveux sont secs,  il faut absolument les avoir hydratés avant ! La déshydratation peut aussi se produire lorsque vous utilisez des produits avec des silicones ou de l’huile minérale (dérivée de pétrole), qui ont la réputation de s’accrocher fortement au cheveu et d’être difficilement éliminés, empêchant ainsi l’eau de pénétrer.  On évite également de superposer les produits : même bons séparément,  si vous cumulez des produits qui portent des noms différents mais qui ont des compositions proches (merci le marketing !), par exemple démêleur, après-shampooing, lait, leave-in, vous allez être déçu(e)s du voyage car vous allez apporter des éléments en excès et/ ou avoir un effet contreproductif !

On protège « mécaniquement » ses cheveux

Surtout s’il sont bouclés ou frisés, en optant pour des coiffures qui leur évitent de trop s’emmêler et qui limitent le frottement avec l’environnement extérieur, c’est valable également la nuit où les cheveux s’emmêlent davantage, une coiffure protectrice ne doit pas non plus être serrée (pour éviter d’endommager les follicules et risquer une alopécie de traction) ou faite avec des élastiques fins. C’est globalement du bon sens : on évite de les brosser/ démêler à sec, on les démêle plutôt avec un peigne à dents larges après application de son soin capillaire crémeux. Pour le séchage, on tamponne avec une serviette sans frotter ou si c’est nécessaire, on utilise un sèche-cheveux à basse température, on ne dort pas les cheveux lâchés etc…

On récapitule : quels produits donc et dans quel ordre ?

  1. Un shampooing doux : sans sulfates et sans silicones, le plus clean et naturel possible, adapté à son cuir chevelu (par exemple intégrant des actifs qui absorbent l’excès de sébum comme l’argile pour les cuirs chevelus à tendance grasse). Le shampoing s’applique sur le cuir chevelu et non pas sur les longueurs. On évite de se rabattre sur les shampooings pour bébé à PH neutre car ils ne sont pas assez acides (sauf si l’on possède des cheveux à très faible porosité et que ça peut rendre service de soulever un peu les cuticules pour faire rentrer l’hydratation (l’eau). Pour qui ? tous les types de cheveux
  1. De l’eau : On hydrate régulièrement selon les besoins de ses cheveux avec de l’eau tout simplement ou un produit qui contient de l’eau. Pour les cheveux à porosité moyenne à faible, l’eau apportée lors du shampooing peut être suffisante. Pour les porosités élevées, une hydratation intermédiaire entre les lavages peut être nécessaire. A noter que l’eau seule avec son PH neutre autour de 7 est considérée alcalinisante pour les cheveux, à acidifier donc avec un peu de vinaigre pour abaisser le PH si on y associe pas un produit capillaire (qui fera généralement le travail d’ajuster le PH). Pour qui ? tous les types de cheveux
  1. Un soin après-shampooing protéiné : Que ça porte le nom de « soin capillaire », « soin après shampoing », « conditionneur », « masque », « leave-in » etc…le plus important c’est de s’assurer qu’il contient bien des protéines hydrolysées dans une quantité suffisante (min 5%), ce qui veut dire que sur la liste INCI ça ne fait pas partie des tous derniers ingrédients. Les autres ingrédients méritent également toute votre attention et surtout, l’absence de silicones est impérative. La plupart du temps votre soin aura un aspect crémeux, ce qui veut dire qu’il contient également de l’eau et du gras, ce qui est parfait pour un soin express qui va jouer sur tous les fronts (démêler, hydrater, renforcer, rééquilibrer le PH, conditionner). Et si vous êtes sur une composition clean et de bonne qualité il contiendra également des huiles végétales, des agents hydratants/ humectants, des actifs reminéralisants etc... On applique le soin protéiné après son shampooing et non pas avant pour la synergie avec l’hydratation (l’eau) et pour la pénétration (qui sera favorisée par les cuticules plus ou moins ouvertes et l’absence de dépôts sur les cheveux), à bonne distance des cuirs chevelus à tendance grasse. Le temps de pose peut aller de quelques minutes à plusieurs dizaines de minutes. Petite clarification concernant le démêlage : certaines natures de cheveux ne jurent que par les après-shampooings contenant du BTMS (Behentrimonium methosulfate). Nous ne l’aimons pas chez Rootsie pour la présence éventuelle (nulle selon les fabricants) de résidus toxiques liée l’éthoxylation (1,4 Dioxane, oxyde d’éthylène), procédé de fabrication très lourd et extrêmement polluant par ailleurs. Mais si c’est le seul produit qui peut parfois sauver des dégâts et du temps de démêlage, il ne faut pas non plus culpabiliser ! A noter qu’il est toléré par certains labels bio, interdit par la plupart principalement pour son écotoxicité. Pour qui ? Pour les cheveux à porosité moyenne à élevée. Apprécié à petites doses par les cheveux  à faible porosité voire pas apprécié du tout.
  1. Une huile végétale : optionnelle, elle sera surtout appréciée par les cheveux qui ont besoin de sceller l’hydratation, c’est-à-dire les cheveux poreux qui ont tendance à se déshydrater, souvent frisés, bouclés, secs, abîmés, etc… Pour rappel, le scellage de l’hydratation sera utile uniquement après hydratation et rééquilibrage du PH. Pour les autre types de cheveux le soin capillaire « crémeux » sera largement suffisant. L’huile végétale peut être choisie en fonction de sa richesse en oméga 6 (précurseurs de céramides qui comme indiqué plus haut poussent les molécules d’eau vers l’intérieur du cheveu et aident les cuticules à rester consolidées). Certaines huiles ont également le pouvoir de pénétrer la fibre capillaire, notamment l’huile d’avocat et l’huile de coco, et l’huile de Kukui qui est extrêmement riche en oméga 6, on les choisira toujours vierges, première pression à froid et si possible bio. Les beurres de karité et de mangue sont également très intéressants pour les cheveux frisés qui les apprécient. L’huile s’applique sur les longueurs, voire uniquement les pointes, à bonne distance du cuir chevelu, surtout si ce dernier est à tendance grasse. Pour qui ? Surtout pour les cheveux à porosité élevée.

Si on prend l’angle de la porosité :

  • Pour les cheveux à porosité moyenne (dite normale c’est-à-dire qui absorbent et retiennent facilement l’humidité) : un shampooing doux et un soin après-shampooing protéiné sont suffisants
  • Pour les cheveux à porosité élevée : un shampooing doux et impérativement un soin après-shampooing ou leave-in protéiné, pour renforcer la kératine fragilisée, apporter l’hydratation nécessaire à la kératine, et rééquilibrer le PH pour aider à resserrer les cuticules. Une huile végétale pourrait également être appréciée pour sceller l’hydratation. On évitera particulièrement l’eau chaude et le séchage à la chaleur qui favorisent la porosité.
  • Pour les cheveux à faible porosité : le shampooing doux peut être suffisant, avec de l’eau chaude pour aider à ouvrir les cuticules et laisser entrer l’eau, une petite quantité de soin après shampoing protéiné ou non protéiné peut être appréciée. Si on a des cheveux bouclés ou frisés qui ont besoin d’un leave-in au quotidien, on le choisira pas trop chargé en protéines.

Les routines très « slow » à base de poudres ayurvédiques/ argiles ainsi que les préoccupations d’embellissement telles que la coloration, le volume, feront l’objet d’un autre article ! Et rappelez-vous : le premier geste c’est le soin sain !

Les problématiques de chute de cheveux, de croissance et de pousse relèvent plus souvent de facteurs internes sur lesquels les produits cosmétiques locaux auront rarement un effet (hormones, génétique, stress, thyroïde, carences en certains minéraux et vitamines etc…). D’où l’importance d’une bonne hygiène de vie et d’un bon équilibre alimentaire. La massage du cuir chevelu est également vivement conseillé pour stimuler la circulation sanguine, le cuir chevelu étant vascularisé de façon à ce que les follicules pileux qui produisent les cheveux reçoivent les éléments nutritifs nécessaires. C’est d’ailleurs grâce à cet approvisionnement en sang que le cheveux a une « mémoire», tout ce qui passe dans le sang (consommé par l’organisme) se retrouve emprisonné dans la fibre capillaire et peut être révélé lors d’une analyse en laboratoire.

Les conseils de ce blog ne remplacent en aucun cas un avis médical sur d’éventuels problèmes de santé reflétés par l’état des cheveux.